Une heure plus tard, Samantha revint avec la teinture et avait la mine sombre.
- Tu as tout trouvé ? demanda Cleo
- La teinture c’est ok, les verres de contact seront livrés plus tard. Je peux parler avec Charlie en privé deux minutes ?
Les deux jeunes femmes entrèrent dans la chambre de Samantha. Charlie comprit immédiatement que Sam était fâchée. Et il ne fallait pas être devin pour comprendre pourquoi.
- Tu n’as jamais eu besoin de lunettes n’est-ce pas.
- En effet.
- Alors pourquoi ?
- Je… c’est compliqué.
- Charlie ! Je ne suis pas idiote. Je sais que je suis un peu fofolle mais ne sous-estime jamais mon intelligence. Tu te teins les cheveux, tu portes des lunettes alors que tu n’en pas besoin, tu ne parles jamais de ton passé. Cela fait 4 ans que tu vis avec moi et j’ignore si tu as des frères et sœurs, où vivent tes parents… Tout ce que je sais c’est que tu fais des cauchemars toutes les nuits ou presque et que tu n’as pratiquement aucune vie sociale. Qu’est-ce que tu fuis ?
- Bon sang… Sam… je…
- Est-ce que tu t’appelles seulement Charlie ? Ou ça aussi c’est un mensonge ?
Charlie sentit les larmes perler à ses paupières. Ce qu’elle craignait le plus était en train d’arriver. Elle sut que si elle ne réagissait pas rapidement elle allait perdre sa meilleure amie. Une chose de plus que l’autre lui aurait pris. Alors elle se décida rapidement.
- Je m’appelle Charlene Williams. Mes parents sont morts. Ma mère quand j’étais très jeune et mon père il y a 5 ans. Il y a 4 ans j’ai commencé à recevoir des menaces de mort et quelqu’un s’est introduit chez moi. Mon chat a été tué et mes amis se sont fait agressé. Mon fiancé m’a abandonnée parce que je ressemblais à un zombie. Je ne sortais plus de chez moi, je ne vivais plus. Alors j’ai tout quitté. J’ai réinventé ma vie et je suis venue ici. J’avais si peur qu’il ne me retrouve que j’ai préféré changer mon apparence, mon nom et tout ce qui était moi. Voilà pourquoi je teins mes cheveux, voilà pourquoi je porte des lunettes et pourquoi je fais tant de cauchemars.
- Quoi ? Tu es Charlene Williams ? L’héritière disparue ?
- Tu… tu me connais ??
- Evidemment ! ta disparition avait fait la une des journaux à l’époque. Je n’avais jamais fait le lien… Et comment aurais-je pu d’ailleurs… Tu t’es tellement bien dissimulée…
- Je suis désolée Sam. Je n’ai jamais aimé les mensonges. J’ai menti sur mon nom et mon parcours, mais jamais sur les sentiments que j’ai pour toi. Tu es mon amie, la seule véritable que j’ai jamais eu. Et je te demande pardon.
- Je ne te cache pas que je suis choquée. Mais tu aurais du me le dire avant !
- Et risquer que tu fasses une bourde et que l’autre me retrouve ? Je ne pouvais pas prendre le risque. Aujourd’hui je pense être plus ou moins tranquille. Promets-moi que tu ne diras rien. Sinon je devrais repartir et refaire à nouveau ma vie… J’ai 26 ans et je veux de la stabilité. Je ne veux plus avoir peur, je veux vivre ma vie, tomber amoureuse et avoir des enfants et ne pas m’inquiéter de savoir si quelqu’un me suit ou m’espionne.
- La confiance règne ! Tu crois vraiment que j’aurais été raconté que tu es la Williams !
- Non, évidemment que non. Mais tu aurais pu lâcher l’information sans t’en rendre compte. Je ne pense pas que tu le ferais mais si cela devait arriver… Je devrais tout recommencer…
Charlie pleurait pour de bon cette fois. Elle comprenait la réaction de Samantha. Elle devrait partir une nouvelle fois.
- Je suis navrée Sam. Je comprendrais que tu m’en veuilles. Je prépare mes affaires et je démissionne dès demain.
- Pourquoi faire ?
- Et bien…
- Quoi, tu comptes fuir à nouveau ? Tu crois vraiment que je vais te laisser partir comme ça ! Hé bien tu te goures ma vieille ! Tu vas rester ici, on va te transformer en beauté fatale et tu vas sauter sur ce mec dès que vous serez sorti du restaurant. Et tu vas l’avoir ta vie, foi de Samantha. Et si tu as peur que je ne lâche le morceau c’est que tu n’as vraiment pas confiance en moi. Je garde des secrets depuis mon adolescence, j’ai juré sur ce que j’ai de plus cher que je ne les divulguerai jamais et ton secret entre dans cette catégorie. Alors pas de larmes, pas de départ. Tu restes.
Les jeunes femmes se prirent dans les bras l’une l’autre, riant et pleurant tout à la fois. Cleo toqua à la porte.
- Euh, vous avez fini là dedans ? Parce que pour la teinture faudrait s’y mettre là. Et j’aimerais bien voir ce que donnerait une coupe au carré style années 20 sur notre Charlie nationale.
- On arrive !
- Une coupe au carré ? Cleo tu es certaine ?
- Oui madame. Tes yeux ressortiront grâce à la couleur et ton port de tête n’en sera que plus élégant. J’ai l’œil moi madame !
- Ok ok, je te fais confiance, je ne dis plus rien, je suis votre créature de frankenstein.
Deux heures plus tard Charlie se contemplait dans le miroir. Elle retrouvait dans la femme qu’elle voyait celle qu’elle était avant. Elle avait changé en 4 ans. Elle se trouvait… belle. Le maquillage de Lee était parfait. Les yeux étaient cerclés de noir, rendant plus brillant et plus beau leur couleur gris argent. La bouche était délicatement peinte d’un rouge sombre. Cela lui faisait des lèvres extrêmement sensuelles et gourmandes. Cleo lui tendit une petite chose noire. Une longue jupe de soie, fendue sur le côté jusqu’à mi cuisse. Puis elle sortit un bustier noir parsemé de brillant, noir également. Une paire de sandales noires à très haut talon complétait la tenue. Elle partit se changer dans sa chambre et revint quelques minutes plus tard.
- Je… vous croyez pas que c’est un peu trop pour un simple rendez-vous au restaurant entre collègues ? Les filles ? Dites quelque chose !
- Wouah. Tu es… Regarde toi bon sang, tu es magnifique !
Charlie se regarda alors dans le miroir. Elle retint son souffle en se voyant. La jupe épousait les courbes de ses hanches avec délicatesse, le bustier moulait sa poitrine avec sensualité. Elle était splendide. Plus encore qu’avec les robes griffées qu’elle avait pu porté dans son ancienne vie. Elle en eu une nouvelle fois les larmes aux yeux.
- Je ne pense pas que tu en fasses trop. Tu es canon, c’est presque indécent ! admira Lee
- Non mais je ne pourrai jamais mettre ça demain soir, c’est trop…
- Elle a pas tort, dit Samantha. Ça, c’est ce qu’elle mettra pour leur premier véritable rendez-vous… Demain il faut quelque chose de sexy mais soft. Cleo, une idée ?
- Oui madame, j’ai plein d’idées ! Une robe dos nus blanche, nouée sur la nuque avec une multitude de boutons sur le devant. Sandales avec des lacets en cuir sur les chevilles.
- Cleo tu m’épates ! murmura Charlie.
- Tu sais je ne suis secrétaire que pour le salaire. Mon rêve était de devenir styliste. Qui sait… Un jour peut-être… Bon maintenant que nos missions respectives ont été accomplies, il faudrait peut-être que nous allions nous coucher… Il est plus de 1 heures du matin…
- Tu as raison. A demain les filles et merci pour tout ce que vous avez fait pour moi !
- Pas de quoi ma grande, à charge de revanche !
Lee et Cleo prirent congé, laissant Samantha et Charlie seules. Les jeunes femmes rangèrent rapidement l’appartement et ne tardèrent pas à aller dormir. Mais Charlie ne trouvait pas le sommeil. Il était près de 4 heures quand elle put fermé l’œil. Quelques heures plus tard, elles se retrouvèrent toutes au travail. Voyant la mine de Charlie, Lee poussa des cris horrifiés.
- Mais qu’as-tu fait cette nuit ? Tu as des cernes jusqu’au menton !
- J’ai assez mal dormi.
- Repose toi aujourd’hui ou nos efforts ne serviront à rien.
- Mais je ne peux pas…
- Tu n’as jamais été malade, tu n’as jamais pris toutes tes vacances, le grand maître acceptera que tu rentres chez toi. Tu n’as qu’à dire que tu as une migraine. A voir ta tête il te croira.
- Après tout…
Charlie téléphona à son patron qui tint à la voir dans son bureau immédiatement. Lorsqu’elle y entra il eut un mouvement de recul.
- Charlie ? c’est vous ?
- Oui, je ne me sens pas très bien, j’ai très mal à la tête. J’ai besoin de sommeil je crois.
- Mais, vos cheveux… vos lunettes ?
- Ah ça, caprice de femme.
- Et bien… n’y voyez pas une tentative de harcèlement mais je vous trouve bien plus jolie comme ça. Hormis le fait que vous avez l’air effectivement malade. Rentrez chez vous.
- Merci patron.
Dès qu’elle eut refermé la porte derrière elle, le dit patron s’assit sur fauteuil et resta de longues secondes à méditer sur sa super secrétaire comme il l’appelait. Si on lui avait dit un jour que sa banale secrétaire se révélerait être une bombe sexuelle…
Charlie s’endormit à la minute où elle posa sa tête sur l’oreiller. Et ne fut réveillée qu’à 16 heures quand ses collègues et amies lui chatouillèrent la plante des pieds.
- Debout ma grande ! Tu as assez dormi maintenant ! Il est temps de te préparer pour ton rendez-vous !
- Mais il n’est qu’à 19h30 !
- Tu dois prendre un bain, hydrater ta peau, procéder à l’épilation de rigueur en cas de rencontre avec un homme, te maquiller, te coiffer, t’habiller et manger quelque chose.
- Mais je vais justement manger ce soir ? Et c’est quoi cette histoire d’épilation ?
- Juste pour ne pas être prise au dépourvu… Et une jeune fille bien ne dévore pas quand elle sort au restaurant, elle picore et prétend ne faire que manger des yeux son interlocuteur et boire ses paroles.
- N’importe quoi.
- Ecoute ce que te dis Cleo, elle sait de quoi elle parle. Allez on se remue !
Dragan s’était senti fébrile toute la journée. Il avait appris que Charlie était rentrée chez elle le matin et il se demandait si elle viendrait ce soir ou non. Il pensait qu’en bonne fille bien élevée elle l’aurait prévenu en cas d’empêchement mais il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet. Il avait rêvé d’elle toute la nuit. Il faudrait qu’il soit très maître de lui ce soir. Il n’était pas du tout déontologique de sauter sur une cliente. Même si sentir le grain de sa peau et respirer son parfum… Stop ! Voilà qu’il digressait à nouveau. Cela devenait une habitude. A 19h30 précisément il sonna à la porte de l’appartement de Charlie, un bouquet de fleur des champs à la main. Et faillit le laisser tomber en voyant Cleo, Sophie et Samantha.
- Bonjour monsieur Petrovski, entrez seulement, Charlie sera prête dans quelques minutes.
- Je… Bonsoir mesdemoiselles.
- Désirez-vous un apéritif ou un café en attendant que Charlie arrive ?
- Juste un verre d’eau merci.
Dragan était stupéfait de voir les 3 collègues de Charlie présentes. Que Samantha soit là était normal puisqu’elle partageait son appartement avec Charlie. Mais les deux autres ? Elles étaient donc amies… Mais il savait de par son expérience des femmes que lorsque l’une d’entre elle réunissait ses amies avant un rendez-vous c’était rarement parce qu’il s’agissait d’un rendez-vous d’affaire. Il se demandait à quoi s’attendre de la soirée quand Charlie sortit de sa chambre. Il en eut le souffle coupé. Elle avait changé ! La métamorphose était extraordinaire. Beaucoup plus proche de la Charlene d’autrefois mais avec quelque chose de différent. La maturité peut-être. Elle était superbe. Il aurait des difficultés à rester maître de lui.
- Bonsoir Charlie. Vous êtes superbe !
- Merci monsieur Petrovski, vous êtes pas mal non plus. Merci pour les fleurs !
- Mais je vous en prie ! Et appelez-moi Dragan s’il vous plait. Vous êtes prêtes ?
- Oui, je vous suis. Bonne soirée les filles !
- Bonne soirée Charlie. Au fait, je dors chez Cleo ce soir, soirée sex and the city-cosmopolitan au programme ! A demain ma belle !
Charlie sourit. Le message était clair. Ramène ce bellâtre dans ton lit ce soir, personne ne sera là pour se plaindre du bruit. Comme si elle allait le faire monter dans sa chambre au premier rendez-vous !
Dragan lui ouvrit la portière de sa voiture, une magnifique chevrolet cabriolet rouge vif.
- Nous allons au bord du fleuve, dans un petit restaurant que m’a conseillé un ami. On y mange le meilleur gombo de tout l’état parait-il.
- J’adore le gombo ! S’agit-il du Creole’s ?
- Oui en effet !
- La patronne est absolument adorable !
Au moins avait-il choisi le bon endroit pour ce repas. Ils furent placés sur la terrasse, juste à côté d’un ventilateur. Josephina, la patronne, vint personnellement prendre la commande. Dragan fut surpris de l’accueil chaleureux qu’elle réserva à Charlie. Il comprit cependant rapidement que cette dernière avait travaillé ici à son arrivée à la Nouvelle-Orléans. Il lui jeta un coup d’œil faussement surpris.
- Vous avez travaillé ici ?
- Oui. Quand je suis arrivée ici je n’avais pas de travail et pas d’endroit ou dormir. Je me suis présentée pour un poste de serveuse et Josephina m’a engagée. Notre collaboration n’a pas duré très longtemps, c’est ici que j’ai rencontré Samantha. Nous sommes devenues amies et par la suite elle m’a fait engagé chez Cyberus. Mais je n’oublierai jamais la gentillesse de Josephina. Je reviens ici régulièrement en souvenir du bon vieux temps.
- Voilà qui n’est pas banal ! Et vous étiez où avant d’arriver à la Nouvelle-Orléans ?
- De la côte ouest. Je… je suis partie peu après le décès de mon père. J’avais besoin de nouveaux horizons, d’un nouveau départ.
- Je suis navré pour votre père. Et comment avez-vous choisi la Nouvelle-Orléans ?
- Un peu au hasard je l’avoue. Mais j’avais adoré le film Entretien avec un vampire et j’avais envie de voir cette ville. J’adore le jazz et le blues et ici c’est le meilleur endroit pour en écouter. Et vous-même vous venez d’où ?
- Et bien je suis né à Moscou. Mon père était un brillant scientifique et il est passé à l’ouest avec moi alors que j’étais encore un petit enfant. J’ai grandi à San Francisco et j’y habite encore.
- Et votre mère ?
- Elle n’a pas pu nous accompagner durant notre transfert. Elle est décédée peu de temps après.
- Oh ! Je suis navrée !
Dragan ne s’était pas attendu à lui révéler toutes ces choses. Mais la façon qu’elle avait de le regarder et la visible compassion et compréhension qu’elle avait pour lui avait eu raison de son envie de mutisme. Et si il voulait bénéficier de sa confiance, il fallait qu’il lui fasse confiance d’abord.
- Ce n’est rien, c’est triste mais je ne me souviens pas d’elle. De fait c’est ma belle-mère qui m’a quasiment élevé. Une femme extraordinaire. Elle travaille avec moi depuis le décès de mon père.
- Elle donne des cours de self-défense ?
- Elaine ? Non, du tout. Elle est la plus incroyable secrétaire que j’ai jamais eu !
Charlie eut un étrange sentiment, comme une sonnette d’alarme qui résonnait dans sa tête. Elaine Petrovski, ce nom lui était familier. Dragan sentit immédiatement qu’il avait fait une gaffe. Il dévia subitement la conversation.
- Bien, pour en revenir à notre collaboration, quels sont pour vous les choses à apprendre à vos collègues en priorité ?
- Heu… Garder son calme, analyser la situation. Agir au besoin. En fait ils devraient apprendre à immobiliser leur agresseur le temps pour eux de se mettre à l’abri. Il est inutile d’en faire des justiciers.
- Sans quoi que deviendrait Batman je vous le demande.
Charlie ouvrit de grands yeux étonnés et éclata de rire. Elle n’avait pas ri pareillement depuis des années.
- N’oubliez pas ce pauvre Robin… Je vois assez mal nos informaticiens se transformer en justiciers masqués… Mais je me verrais bien en Catwoman !
Dragan eut la vision de Charlie dans un costume de latex moulant. Sa voix se fit rauque.
- Je vous verrais bien également.
- Et vous, qui seriez-vous ? demanda innocemment Charlie, faisant semblant d’ignorer le trouble dans la voix de Dragan.
- Hmmm… Batman, évidemment.
- Un Batman russe ? Je demande à voir !
- A la décharge de notre sainte mère la Russie, les super héros ne sont pas légions…
Josephina apporta le gombo et ils commencèrent à manger en silence. Charlie n’avait rien voulu avaler à la maison et était affamée. Elle fit honneur au plat de son amie. Dragan l’observait dévoré son assiette. Elle avait une façon extraordinaire d’apporter sa nourriture à sa bouche, de façon terriblement sensuelle. Elle ne se rendait absolument pas compte de l’état dans lequel elle le mettait. Ils mangèrent silencieusement, se regardant longuement. Leur assiette terminée, Josephina leur apporta un verre de son meilleur rhum. Charlie le sentit longuement avant de tremper ses lèvres dans le liquide ambré.
- Profitez de ce moment Dragan. Un tel rhum est très difficile à trouver. Certains tueraient pour savoir ou Josephina le trouve…
- Ah oui ? J’avoue ne pas vraiment m’y connaître en rhum. Celui-ci semble fort.
- Oh il l’est ! Il commence par vous brûler la langue puis lentement se dégage tout son arôme. Il est heureux que je n’en boive pas trop souvent sinon mon estomac se liquéfierait !
Ils burent leur rhum, finissant de mettre au point les cours qu’ils allaient donné. Puis vint le moment de rentrer. Charlie était subitement nerveuse lorsqu’elle entra dans la voiture de Dragan. Allait-il l’embrasser ? Allait-elle le laisser faire ? Elle eut la réponse quand ils arrivèrent chez elle. Dragan sortit de l’auto pour lui ouvrir la portière et l’accompagna jusqu’à sa porte.
- Je vous remercie Dragan pour cette excellente soirée !
- C’est moi qui vous remercie Charlie. Ce fut un vrai plaisir.
Puis n’y tenant plus, il fit ce qu’il avait rêvé de faire toute la nuit précédente et toute la journée. Il caressa doucement sa joue et l’embrassa. D’un baiser délicat et doux. Auquel Charlie répondit avec hésitation puis avec passion. De doux, il devint exigeant, mordillant légèrement les lèvres pulpeuses de la jeune femme. Elle se pressa contre lui, son corps épousant à merveille celui de Dragan. Il passa une de ses mains derrière la nuque de la jeune femme, l’autre main glissa délicatement sous la robe pour venir englober une fesse douce et ronde. Charlie gémit doucement et ses mains se crispèrent dans la chevelure blonde de Dragan. Elle sentit l’intensité du désir de Dragan contre son ventre plat et fut émerveillée d’en être responsable. Puis Dragan se détacha d’elle à regret.
- Non… murmura t’elle.
- Je… Charlie, je vous assure que mes intentions n’étaient pas de cet ordre quand je vous ai invité… Je ferais mieux de partir.
- Non ! dit-elle plus fort cette fois.
- Vous êtes sûre ?
La jeune femme ne répondit pas, mais commença à déboutonner sa robe, là, au milieu du jardin de sa maison. Dragan sentit ses bonnes résolutions le quitter et se précipita sur elle, la porta dans ses bras et grimpa les quelques marches qui les séparaient de l’appartement de Charlie. Dès qu’ils eurent passés la porte, il la déposa et la plaqua contre le mur, les mains levées au dessus de la tête, fermement maintenues d’une poigne de fer par ses mains. Il l’embrassa sauvagement, presque désespérément. Elle répondait à ses baisers avec une urgence quasiment douloureuse, comme si elle voulait se fondre en lui. Doucement, il relâcha ses bras et ses mains commencèrent à caresser lentement ses seins à travers le tissu léger de sa robe. Charlie enfouit ses mains dans la chevelure de Dragan, puis les laissa explorer le corps qui se pressait contre le sien. Fébrilement, il commença à déboutonner la robe, les mains tremblantes. Elle rit et l’aida, puis s’attaqua à la chemise blanche. Elle ne parvint pas à défaire la ceinture et Dragan prit le relais en souriant. Les yeux de la jeune femme s’assombrirent sous l’effet de son désir. Il avait un corps parfait, musclé et doux. Et elle put constater qu’il avait au moins autant envie d’elle qu’elle-même en constatant à quel point le caleçon qu’il portait était tendu. Dragan avait fini de lui ôter sa robe et ne pouvait détacher ses yeux de la jeune femme. La lingerie qu’elle portait était terriblement sensuelle, innocente et sexy à la fois. Délicatement, il lui enleva son soutien-gorge et contempla sa poitrine ronde et ferme. Elle le regardait avec des yeux émerveillés et brûlant d’envie. Il la prit dans ses bras et l’embrassa, sentant le cœur de la jeune femme battre au même rythme que le sien contre sa poitrine.
Charlie n’en pouvait plus, elle ne pensait qu’à une chose, qu’il vienne en elle, qu’il la fasse sienne et que ces instants magiques ne cessent jamais. Avec des gestes maladroits, elle entreprit de lui enlever la barrière de tissu qui la séparait de la virilité triomphante de son amant. Il se laissa faire, fermant les yeux. Il n’avait jamais ressenti une telle soif, une telle envie, un tel besoin de faire l’amour à une femme. Lorsqu’elle l’eut mit littéralement à nu, il la reprit dans ses bras et la porta dans sa chambre. Un immense lit aux montants de cuivre prenait toute la place. Il la posa dessus et s’agenouilla devant elle. Il lui enleva son string en dentelle blanche puis embrassa et mordilla la chair tendre de la jeune femme. D’une main il caressait un sein blanc, de l’autre il traçait des arabesques sur le ventre plat de Charlie. De sa langue il effleura le bouton de sa fleur secrète (non mais je vous jure, c’est vraiment débile le vocabulaire Harlequin…), et fut récompensé par le gémissement de sa compagne. Il continua tant et si bien que Charlie se tendit subitement et gémit plus fort, jusqu’à hurler son nom dans la nuit chaude. Il mit la main sur un préservatif déposé sur la table de nuit et ne put s’empêcher de sourire en voyant un mot écrit de la main de Samantha « amusez-vous bien ». Il commençait à adorer les collègues de Charlie. Il enfila prestement la protection et coucha Charlie sur le lit. Il se mit au dessus d’elle, l’embrassa longuement. Charlie n’y tenait plus, elle planta son regard dans le feu glacé de celui de son amant et murmura :
- Distrait ?
- Non, répondit-il, concentré, très concentré.
- Prouve-le.
Il n’en fallait pas plus, il la pénétra d’un puissant coup de rein et le monde s’évanouit autour de lui. Ne restait plus que la chair chaude et humide de sa compagne, ses yeux embués de plaisir, les gémissements de bonheur qu’elle feulait au creux de la nuit. Lorsqu’il sentit venir le plaisir ultime, il se retint, voulant faire durer ce moment parfait, mais Charlie s’agrippa à ses hanches et le fit plonger en elle, plus loin, plus fort. Il ne sut lequel des deux hurla en premier, mais il fut certain de n’avoir jamais ressenti pareil bonheur dans les bras d’une femme. Il regarda avec tendresse la jeune femme, qui déjà se laissait emporter par le sommeil. Elle avait un air serein qu’il ne lui avait jamais vu. Il se coucha à ses côtés, voulant la regarder dormir le plus longtemps possible, mais bientôt, il se sentit partir au pays des rêves.
Charlie ouvrit les yeux, un étrange sentiment de bien-être l’emplissant. Il lui fallu quelques secondes avant de réaliser qu’une main, un bras d’homme l’entourait. Derrière elle, elle sentit le souffle chaud de Dragan contre sa nuque. Ses jambes puissantes mêlées aux siennes, elle était prisonnière de cet homme. Loin de la perturber, cette idée la réconfortait, la rassurait. Puis elle se souvint de ce qu’elle avait avec cet homme durant la nuit et elle se sentit rougir. Puis croisa le regard de Dragan dans le miroir à côté du lit.
- Pourquoi rougir milaya ? regrettes-tu ?
- Non c’est juste que…
- Que tu ne pensais pas que je finirais dans ton lit si vite… Rassure-toi, je ne l’espérais pas non plus… pas aussi vite… Mais… je ne vais pas m’en plaindre. Et toi ?
- Non, je ne m’en plains pas, mais… Seigneur… Je ne pensais pas que c’était possible d’être aussi… bien !
- Hmmm… tu flattes ma vanité angel moy.
Il resserra un peu plus son étreinte autour de la jeune femme, lui fit sentir le désir d’elle qui déjà se manifestait. Elle rougit de plus belle et se retourna pour nicher sa tête dans le creux du cou de son amant. Il caressa longuement sa chevelure, embrassant ses lèvres pleines. Elle le surprit quand elle roula pour se mettre au dessus de lui. Elle le regarda droit dans les yeux et lentement, s’empala sur le morceau de chair palpitante gonflée de désir. Lentement, elle le chevaucha, ondulant des hanches. Les mains de Dragan se posèrent sur la poitrine de Charlie, qu’il caressa. Puis le rythme s’accélérant, il l’attira contre lui et ils s’embrassèrent profondément. Une nouvelle fois, la magie qu’il y avait entre eux les firent s’envoler ensemble sur les ailes du plaisir.
Puis Charlie jeta un coup d’œil sur le réveil.
- Oh misère, je vais être en retard au travail !
- Tu ne veux pas être malade un peu ? Je suis un excellent infirmer lyubimaya !
- Je n’en doute pas, mais je ne peux pas m’absenter deux jours de suite. Je dois vraiment retourner travailler.
- On se voit ce soir ? Pour le travail et… éventuellement pour autre chose…
- Je… oui.
Il avait bien senti son hésitation mais mit cela sur le compte de sa timidité. Il la regarda courir, nue, vers la salle de bain. Il aurait voulu la rejoindre, sachant d’avance comment se terminerait la séance d’ablution. Mais il n’en fit rien. Il passa dans la deuxième salle de bain, prit une douche glacée et s’habilla. Il était en train de terminer de faire un café à la jeune femme quand Charlie sortit de sa salle de bain. Elle était magnifique, les cheveux encore humide, l’air un peu hagard, vêtue d’un tailleur violet. Elle attrapa une tasse du liquide brûlant et remercia Dragan d’un beau sourire. Appuyée contre la table de la cuisine, elle semblait insensible au désir qui avait prit possession de Dragan. Elle le regardait de ses grands yeux argentés, innocente et douce. Dragan voyait au moins 5 ou 6 façons d’utiliser cette même table à des fins inavouables. « Bon sang me voila redevenu un adolescent ! Incapable de contrôler mes hormones… ».
- Tu veux que je t’amène au travail ?
- Volontiers, d’habitude je vais avec Samantha.
- Tu me rappelleras de la remercier.
- Et pourquoi ?
- Oh… pour avoir laisser le champ libre et pour… les petites choses sur ta table de nuit.
- Petite, petite, c’est vite dit.
Se rendant compte de ce qu’elle venait de dire, elle piqua un fard et ferma les yeux. Elle ne put donc pas voir la mine réjouie et amusée de son compagnon. Ni l’étincelle de tendresse qui s’alluma dans ses yeux.
- Si tu le dis… Etant un gentleman, je ne contredis jamais les dames.
- Si tu étais un gentleman tu ne relèverais pas ce que je viens de dire…
- Allez, en route milaya. Tu vas vraiment être en retard autrement.
Lorsqu’il la déposa devant l’immeuble de Cyberus, il la retint un instant et l’embrassa passionnément.